vendredi, 27 février 2009

Enfin il arrive !

Le ministre vient de se réveiller et de notifier par écrit à Aymeric Chauprade son interdiction d'enseignement.

Deux remarques :

  • la première, c'est que ce M. Morin ne semble pas connaître les formules de politesse les plus élémentaires, ce qui trahit son faible degré d'instruction ;
  • la seconde c'est qu'en parlant de « vacations » et non de « contrat » Hervé Morin confond manifestement sa propre situation au Ministère de la Défense avec celle du professeur Chauprade.
letmorin2.jpg

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Le soutien des Tunisiens : "Choc de civilisations" et liberté de penser

Si toute histoire n'est que narration, l'Histoire, la grande, elle aussi est une narration. Elle est faite d'agencement causal d'évènements avec la prétention de dire le réel (les évènements) et le vrai (l'agencement causal).

chau1.jpgL'Histoire ainsi faite influe sur le futur et détermine les rapports de forces actuels.

Les attentats du 11 septembre 2001 n'échappent pas à cette logique. La restitution qu'en ont faite les autorités américaines dès les premiers jours a constitué non seulement une version officielle, mais aussi une légitimation pour des actions futures (les guerres d'Afghanistan et d'Irak) et une nouvelle politique mondiale : la lutte contre le terrorisme avec le camp du Bien et l'axe du Mal...

Et si la version officielle du 11 Septembre n'était qu'une vulgaire manipulation destinée à légitimer une nouvelle politique définie bien avant ces évènements ? C'est ce qu'on appelle habituellement "la thèse du complot", largement répercutée par la fiction américaine. Nombreux sont les films et les romans où l'on voit de sombres personnages, de préférence de la CIA ou du FBI, ourdir les machinations les plus rocambolesques pour atteindre des objectifs tortueux, un peu comme un coup d'échec, en apparence sans aucune utilité, mais qui prépare une attaque fatale une dizaine de coups plus tard.

Il y a beaucoup de points d'ombre dans la version officielle du 11 Septembre. Il y a ceux qui relèvent de la science (l'effondrement total des deux tours jumelles et d'une autre tour, la tour 47, pour des raisons assez inexplicables) et ceux relatifs à l'enquête elle-même. Il y a aussi l'imbrication prouvée

des services de renseignements israéliens dans l'environnement humain des jihadistes d'Al Qaïda chargés d'accomplir les attentats. L'important, aujourd'hui, n'est pas de statuer définitivement

sur la véracité de la version officielle et des versions "alternatives", mais de ne pas verrouiller ce champ d'investigation...

Et c'est justement de cela dont il s'agit, et en France, pays de Descartes et de Voltaire ! Aymeric Chauprade est un expert en géopolitique connu et reconnu. Il a enseigné les dix dernières années dans la prestigieuse Ecole de Guerre, dépendant du Ministère de la Défense français. Il a publié en janvier 2009 un livre "Chronique du choc des civilisations" qui lui a valu, presqu'immédiatement d'être congédié par le ministre de la Défense lui-même. Son "crime" ? C'est celui d'avoir consacré son premier chapitre à l'exposition des principales réserves sur la version officielle du 11 Septembre (Voir les bonnes feuilles du livre en page 14).

Le Professeur Chauprade n'est pas un auteur farfelu qui cherche la notoriété à n'importe quel prix. C'est un expert en géopolitique et un homme de science. Il se définit lui-même comme un conservateur classique (voir l'entretien qu'il nous a accordé en page 13). Chauprade n'adhère pas à la thèse du complot, mais il trouve que les arguments présentés contre la version officielle ne manquent pas de pertinence.

Il est évident que ce qui a aggravé le "cas Chauprade" auprès de certains grands médias français est l'implication, qui reste à déterminer, des services de renseignements israéliens dans l'entourage humain des kamikazes du 11 Septembre.

La célérité de la réaction du ministre de la Défense français est vraiment curieuse. Est-il interdit de douter dans le pays de Descartes ? Les idées émises dans le livre de Chauprade sont-elle délictueuses ? A le lire, on n'y voit ni racisme, ni diffamation, ni antisémitisme. Comment comprendre la réaction massive des grands médias pour défendre le magazine français qui a repris les caricatures danoises considérées blasphématoires par de nombreux Musulmans et le lynchage à échelle réduite d'Aymeric Chauprade ?

Y a-t-il des vérités sacrées et d'autres pas ? Le livre de Chauprade est prémonitoire, non pas à cause de ses doutes sur la version officielle du 11 Septembre, mais du titre même "Chronique du choc des civilisations" qui rappelle le célèbre livre de Samuel Huntington "Le choc des civilisations". Les intellectuels libres peuvent de moins en moins penser contre leur communauté ou leur civilisation. Un intellectuel occidental qui attaque l'Islam, même s'il frise le racisme et même si son argumentation est basée sur de fausses informations, trouve immédiatement des réseaux de solidarité et tous les grands médias revendiqueront sa liberté de penser.

Mais s'il s'attaque à certaines "vérités officielles" qui fondent la conscience occidentale, la machine médiatico-politique le broiera. Encore faut-il rappeler que la situation de l'intellectuel libre en terre d'Islam est loin d'être reluisante. Lui ne risquera pas l'omerta des médias et l'infamie publique seulement, mais aussi son intégrité physique et parfois sa vie.

Qu'on le souhaite ou qu'on le déplore, le "Choc des civilisations" est en ordre de bataille. Ses premières victimes sont la liberté de penser et les intellectuels indépendants.

Zyed KRICHEN

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Soutien-Chauprade : épisode 2

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Retour dans l'Otan : Bayrou réclame un référendum

Le président du Modem François Bayrou a déclaré ce dimanche, lors du lancement de sa campagne pour les européennes, que le projet de réintégrer la France dans l'Otan, serait une "défaite" pour la France et l'Europe. Il juge que c'est aux Français de trancher cette question.

BAYROU.jpgFrançois Bayrou, président du Mouvement Démocrate (MoDem), a qualifié dimanche 8 février de "défaite" pour la France et pour l'Europe le projet de réintégration de la France dans le commandement de l'Otan, défendu par Nicolas Sarkozy, jugeant qu'un tel sujet exigeait un référendum.

Tout comme l'ancien premier ministre Dominique de Villepin, François Bayrou se dit opposé au retour de la France dans le commandement de l'Otan. Lors d'une conférence nationale du MoDem à Paris, il a demandé que le choix qui avait été fait en 1966 par le général de Gaulle, de quitter la structure militaire intégrée de l'Alliance atlantique, "ne soit pas bradé, pas jeté aux orties".

Une réintégration serait "un aller sans retour", a-t-il prévenu. "Parce qu'il n'est pas imaginable qu'un grand pays comme le nôtre, à chaque alternance, entre et sorte du commandement intégré".

"Un tel choix, aussi lourd, ne peut pas se faire par les autorités politiques seules, encore moins par le président de la République. Ce choix ne peut se faire que par un référendum du peuple français", a déclaré M. Bayrou, interrogé par la presse à l'issue de la réunion.

"C'est un changement de cap radical, qui porte atteinte au patrimoine historique et diplomatique de la France, et un tel choix ne peut pas se faire en catimini, simplement par entente au sein d'une majorité passagère. Il faut que ce soit une décision majeure du peuple français", a-t-il ajouté.

En réintégrant cette structure, "nous lâchons la proie pour l'ombre", a également déclaré M. Bayrou à la tribune. "En nous alignant, nous abandonnons un élément de notre identité dans le concert des nations, y compris dans le concert des nations européennes".

"C'est une défaite pour la France", et "c'est une défaite pour l'Europe", a-t-il affirmé. "Nous abandonnons une part de notre héritage, et nous l'abandonnons pour rien".

"Quand on est intégrés, on ne compte plus", a assuré le député des Pyrénées-Atlantiques. "On peut être indépendants en étant alliés, on ne peut pas être indépendants en étant intégrés".

L'ex-candidat à la présidentielle s'en est pris également au ministre de la Défense Hervé Morin, qui fut un de ses lieutenants du temps de l'UDF.

"Il a dit : 'il faut arrêter de barguigner'. Et il a ajouté: 'notre position d'indépendance aujourd'hui, elle est purement symbolique'", a cité M. Bayrou. "Innocent !" s'est-il exclamé. "On peut en dire des bêtises, en deux phrases!".

Le président Nicolas Sarkozy a fait un nouveau pas samedi, devant la conférence sur la sécurité de Munich (sud de l'Allemagne), vers un retour complet de Paris dans l'Otan. 

Source : L'EXPRESS

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Dans le "OFF" de France Info, au sujet de l'OTAN, François Bayrou évoque "des forces puissantes qui depuis longtemps voulaient nous faire rentrer dans le rang"... "Un courant d'influence qui veut perpétuellement que nous abandonnions notre indépendance pour entrer dans l'orbite d'influence que vous savez"...

Quelles sont ces forces ? Aymeric Chauprade est-il une des victimes de ce "courant d'influence" atlantiste ?

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Hervé Morin persiste et signe sur le chat de RUE 89

Hervé Morin persiste en s'appuyant bancalement sur les "thèses" du 11 septembre (thèses qui dans l'ouvrage "Chroniques du choc des civilisations" sont exposées et non acceptées par l'auteur) pour justifier le bannissement d'Aymeric Chauprade du CID.

 

La version "off" du chat entre Pierre Haski et Hervé Morin

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Morin va rencontrer Gates aux USA

Le ministre de la Défense, Hervé Morin, se rendra aux Etats-Unis "du 2 au 4 mars", où il doit rencontrer son homologue américain Robert Gates.

"Du 2 au 4 mars, le ministre sera en déplacement aux Etats-Unis. Il rencontrera notamment son homologue Robert Gates", a déclaré Laurent Teisseire lors du point de presse hebdomadaire du ministère de la Défense, à l'Ecole Militaire, à Paris.

Après les Etats-Unis, Hervé Morin doit se déplacer au Canada, où "il se rendra à Ottawa, puis à Québec", a précisé le porte-parole.

Ce déplacement s'inscrit dans un contexte de retour annoncé de la France dans le commandement intégré de l'OTAN. Le président Nicolas Sarkozy souhaite en effet annoncer cette décision lors du prochain sommet de l'Alliance atlantique, prévu les 3 et 4 avril à Strasbourg et à Kiel (ouest de l'Allemagne).

Washington, qui a annoncé l'envoi de 17.000 hommes supplémentaires en Afghanistan - où la France est également présente - souhaite inciter ses alliés à accroître leur présence militaire.

Lors d'une réunion de l'OTAN à Cracovie (Pologne), le 20 février dernier, Robert Gates avait annoncé que 20 pays avaient promis d'accroître leur présence en Afghanistan. Mais selon un responsable militaire, la France n'en ferait pas partie.

Source : FIGARO.FR

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mercredi, 25 février 2009

Communiqué de presse

Aymeric Chauprade, qui a été congédié le 5 février du Collège interarmées de Défense doit déposer jeudi 26 février une requête en référé-liberté pour contester son "éviction sans fondement". Il entend sommer le ministre de la Défense de convoquer un conseil de discipline pour examiner son cas.

Par ailleurs, il a l'intention de déposer une plainte en diffamation contre Le Point et Jean Guisnel, à l'origine de l'affaire sur son site Défense ouverte. Dans un deuxième temps, son avocat entend déposer une plainte pour discrimination devant la Cour de Justice de la République.

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La France et l'Otan : ce qu'on veut nous faire croire

Le président du Mouvement pour la France et député au Parlement européen ne partage pas les arguments de Michèle Alliot-Marie en faveur du ralliement à l'Alliance atlantique et entend le faire savoir.

villiers.jpgLa confusion paraît à son comble. Michèle Alliot-Marie s'érige, au nom du gaullisme, en chantre de l'atlantisme, et le très atlantiste secrétaire général de l'Otan, Jaap de Hoop Scheffer, déclare avec complaisance : « Je me sens un peu gaulliste... » Que se cache-t-il derrière ces jeux de rôle, derrière la décision surprenante du président de la République, jamais évoquée pendant sa campagne, de regagner le bercail de l'organisation militaire intégrée de l'Otan ?

Ce ralliement traduit la dérive d'une large élite politique française qui n'a plus d'autre horizon que l'alignement systématique sur les États-Unis. L'idée que la France ait à jouer un rôle spécifique de puissance d'équilibre et de médiation, en s'appuyant sur une diplomatie libre, indépendante, non alignée, étrangère à la notion de bloc, aiguillon d'une Europe européenne, leur est devenue totalement étrangère. Comment des gaullistes, ou qui se prétendent tels, ont-ils pu oublier à ce point l'intuition fondatrice du général de Gaulle : « Je veux l'Europe pour qu'elle soit européenne, c'est-à-dire qu'elle ne soit pas américaine. »

Michèle Alliot-Marie entreprend de dissimuler la réalité de ce ralliement en recourant à un triple sophisme.

Le premier consiste à présenter la décision de retourner dans les structures militaires intégrées de l'Otan comme étant inspirée par le même sens de «la grandeurde la France» qui avait amené le général de Gaulle à s'en retirer. Il faut avoir de l'estomac pour assimiler l'esprit de la décision de 1966 qui a fait de notre pays «la France aux mains libres» à celui de la décision de 2009, qui nous ramène au statut de clone de la Grande-Bretagne. Or, le monde multipolaire, instable et dangereux qui est le nôtre a plus que jamais besoin d'une France aux mains libres. Alors que ce retour nous ramène en arrière, au temps de la IVe République, au temps de la dépendance, lorsque le Quai d'Orsay donnait pour toute instruction à nos ambassadeurs : «Vous prendrez l'attache de votre collègue américain.»

Pourquoi vouloir renoncer à notre marge de liberté, alors que la situation actuelle, fidélité à l'Alliance atlantique sans intégration dans les structures militaires, nous permet depuis plus de quarante ans d'être les amis des Américains sans être leur vassal, d'être à leurs côtés lorsqu'il y a péril commun sans avoir à endosser leurs erreurs stratégiques ? Nous avons eu des divergences sur l'invasion de l'Irak, et il est heureux que la France ait pu faire entendre alors une autre voix. Nous aurons des divergences sur l'Afghanistan, le Pakistan, l'Iran. Pourrons-nous encore les exprimer lorsque nous aurons aliéné notre liberté ? Or, c'est cette liberté d'analyse, de ton, d'initiative qui intéresse à Brasilia et au Caire, à Islamabad, à Helsinki ou à Moscou et qui nous permet de jouer un rôle utile au service de la paix.

Le second sophisme consiste à présenter la réintégration de l'Otan comme le préalable indispensable pour pouvoir construire une véritable défense européenne. Or, nous savons qu'on ne pourra pas mettre celle-ci sur pied tant qu'un nombre important d'États considérera que l'armée américaine en tient lieu. Il nous appartient donc de contribuer à responsabiliser nos partenaires européens, de les amener à consentir les efforts nécessaires pour assurer leur propre sécurité et à privilégier les alliances de voisinage, qui offrent les garanties les plus sûres. Pense-t-on sérieusement que l'abandon par la France de son statut spécifique au sein de l'Alliance atlantique est de nature à favoriser de telles évolutions ? Au contraire, cela envoie le pire signal qui soit : ceux qui consentent le moins d'efforts pour leur propre défense se sentiront justifiés et confortés dans leur choix en faveur de la facilité et de la déresponsabilisation. Notre décision favorisera davantage une otanisation de l'Europe qu'une européanisation de l'Otan.

Le troisième sophisme consiste précisément à faire croire que le retour de la France dans les organes militaires intégrés va nous permettre de faire évoluer l'Otan et de l'européaniser. Demandez donc à nos amis britanniques si, depuis qu'ils sont les «alliés privilégiés» de Washington, ils ont influé en quoi que ce soit sur les stratégies de l'Otan ! Croit-on sérieusement que l'octroi à la France de deux commandements non opérationnels de second ordre va changer la donne ? Au contraire, ils vont nous placer dans un piège : ils rendront beaucoup plus difficile le refus d'envoyer de nouveaux contingents militaires français en Afghanistan, même si nous ne sommes pas en accord avec la stratégie fixée par les États-Unis. Enfin, tout bon négociateur sait que c'est avant de faire une concession que l'on négocie la contrepartie, pas après.

Non, le choix de la réintégration dans l'organisation militaire intégrée de l'Otan n'est pas le choix de la responsabilité, c'est le choix de l'allégeance. Il nous fera perdre une liberté précieuse, banalisera la perception de notre pays dans le monde et fera disparaître un élément important de cohésion nationale qu'il n'est pas responsable de briser.

Source : LE FIGARO.FR

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La fin de la singularité française dans l'Otan

La France doit-elle reprendre « toute sa place » dans l'Otan en retournant dans son commandement intégré, qu'elle avait quitté en 1966 ? Ou doit-elle conserver sa position actuelle, présente dans l'organisation, militairement engagée dans des opérations au Kosovo et en Afghanistan sous drapeau otanien mais sans participer à ses organes de commandement pour maintenir son autonomie de décision ? Le débat fait - du moins en apparence - rage dans la classe politique française. Dans quelques semaines, le sommet de Strasbourg et Kehl des 3 et 4 avril prochain, doit en principe célébrer le soixantième anniversaire de l'organisation qui, paradoxalement, a survécu au décès du Pacte de Varsovie et l'annonce du retour complet de l'enfant terrible français au sein de sa « famille » euro-atlantique.

Ce dernier geste, très attendu aussi bien à Washington qu'à Berlin, est pourtant, en grande partie, symbolique. Certes, la France pourrait obtenir deux commandements : l'un basé à Norfolk en Virginie (Etats-Unis) chargé de la conduite des transformations de l'alliance, et un autre à Lisbonne, qui accueille le QG de la force de réaction rapide (Nato Response Force, ou NRF). Le dossier n'est cependant pas totalement bouclé, car ce retour signifie une très forte augmentation du nombre d'officiers français à l'Otan et, donc, d'une réduction concomitante des contingents britannique et allemand. Et l'assentiment des 25 autres alliés. Si tous les feux verts sont obtenus, cette montée en puissance pourrait s'étaler sur trois à quatre ans.

Mais au-delà de caractéristiques techniques, ce retour scelle avant tout, symboliquement, le dernier maillon d'un rapprochement avec l'Amérique et la communauté atlantique, amorcé par Jacques Chirac. Car depuis 1995 la France, et cela en dépit de la violente controverse sur l'Irak avec George W. Bush, a déjà fait une grande partie du chemin en acceptant de participer à des missions militaires et en devenant l'un des principaux contributeurs de forces, notamment au sein de la NRF. Au lendemain des attaques terroristes du 11 septembre 2001, la France n'avait d'ailleurs pas hésité à se ranger du côté de tous les alliés pour évoquer la clause de solidarité collective avec les Etats-Unis, selon laquelle une attaque contre l'un des membres est une attaque contre tous.

Mais ce sont souvent les symboles qui sont le plus sujets à polémique, surtout lorsqu'ils touchent à des concepts comme l'indépendance de la politique étrangère de la France et sa souveraineté. Des concepts qui étaient d'ailleurs au coeur de la décision du général de Gaulle dans sa lettre du 7 mars 1966 au président américain Lyndon Johnson. Pour la France, il s'agissait alors « de recouvrer sur son territoire l'entier exercice de sa souveraineté, actuellement entamée par la présence permanente d'éléments militaires alliés ». Ce qui avait conduit notamment à l'évacuation des états-majors de l'Otan de Versailles et Fontainebleau un an après. Mais Paris avait d'autres soucis : conserver toute son autonomie de décision sur la force de frappe nucléaire six ans après la première explosion d'une bombe atomique française et refuser de suivre les Etats-Unis dans toutes leurs aventures militaires à l'étranger. Cela au moment même où ils s'engageaient lourdement dans la guerre du Vietnam.

Aujourd'hui, le contexte a profondément changé. D'une part, le monde n'est plus divisé en deux blocs. C'est d'ailleurs aussi pour se placer en dehors de cette politique de blocs et à un moment où s'amorçait une certaine détente que le général de Gaulle avait choisi de se retirer du commandement intégré, lui ouvrant ainsi la voie à un dialogue avec l'URSS et la Chine. La fin de la Guerre froide - et en dépit des nouvelles tensions avec la Russie - a une autre conséquence : celle d'avoir mis un terme à l'équilibre de la terreur entre les deux blocs par le feu nucléaire. Ce qui réduit évidemment la portée de la question de l'autonomie de la force de frappe nucléaire française vis-à-vis de l'Amérique.

Pourtant, il ne faut pas se faire d'illusions. Le retour total dans l'Otan de la France soulève au moins deux autres interrogations : quid de l'Europe de la défense ? Certes, tout est fait pour expliquer que les Américains reconnaissent enfin cette dimension européenne, mais elle restera un élément complémentaire de l'organisation atlantique, et non « autonome ». L'autre question est très simple. Le président Barack Obama ne peut que se féliciter du choix de Nicolas Sarkozy, car ce qu'il souhaite aujourd'hui le plus de la France comme de tous ses alliés, c'est l'envoi de troupes supplémentaires de leur part en Afghanistan. Il s'agit de savoir si alors Paris pourra lui dire « non ». Le mur de Berlin est tombé. La singularité française est en train de suivre. Mais jusqu'à quel point ?

Jacques HUBERT-RODIER

Source : LES ECHOS

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Florilège de critiques positives

Au sujet de "Géopolitique, constantes et changement dans l'histoire"

  • "...un ouvrage magistral" (Marcel Duval, Défense Nationale).
  • "...dans la lignée des Braudel et Bainville" (Jérôme Besnard, Le Figaro,2001).
  • "...(l'auteur) s'affirme sereinement partisan de la restauration d'une grande politique étrangère française(...) face à l'hégémonie planétaire de l'hyperpuissance étatsunienne(...). Un maître ouvrage, destiné à devenir un classique" (Pascal Landes, La Nouvelle Revue d'Histoire, n°1, juillet 2002).
  • "...un passionnant livre d'histoire accessible à un large public" (Revue politique et parlementaire, 2001).
  • "...la référence en géopolitique" (Conflits actuels, Revue d'études politiques, 2002).
  • "Magistral !" (Thierry Garcin, France culture)
  • "...une grande indépendance d'esprit" (Jean Sévillia, Le Figaro Magazine).
  • "Sa lecture s'impose à tous ceux qui aspirent à comprendre le monde par-delà les simplifications de l'actualité et les falsifications de l'information" (Georges Feltin-Tracol, Europemaxima.com, 30 décembre 2005).

 

Au sujet de "Chronique du choc des civilisations"

DSI_45_COUVblog.jpgClair et agréable à lire, il est accessible à un très large public, et décrypte tous les événements géopolitiques depuis le 11 septembre, lesquels sont systématiquement remis en perspective dans "la longue durée de l'Histoire" (...) Ouvrage recommandé à ceux qui souhaitent comprendre le monde dans lequel nous vivons.

Virginie Chamas, Défense & Sécurité Internationale n°45, février 2009.

 


 

(...) Sans se soucier outre mesure de l'"idéologiquement correct", l'auteur (...) nous présente les différents "points chauds" du globe et (...) une lecture d'ensemble des conflictualités qui (...) ont succédé à l'antagonisme Est-Ouest (...) Le chapitre le plus intéressant est celui qui décrit l'"otanisation" d'une Europe devenue simple auxiliaire du processus de globalisation engagé par la "World Company" (...) Un guide indispensable pour affronter intellectuellement le chaos à venir.

Philippe Conrad, La Nouvelle Revue d'Histoire, n°41, mars-avril 2009.

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