dimanche, 02 août 2009

Xavier RAUFER : Une coïncidence qui fâche

Alors qu'au-delà des amabilités diplomatiques, un certain froid s'installe entre Barack Obama et Benyamin Nétanyahou, une étrange affaire jette le trouble entre Israël et les États-Unis, alliés constants au Moyen-Orient depuis plus de 60 ans.

8540227b8940cdbece6ec98e4ccb3a92.jpgBien qu'elle repose sur des éléments sérieux, nul ne l'a relatée en France, alors qu'elle faisait, dès février 2009, la une du New York Times (« Spy case reverberates in Lebanon »).

À son origine, la féroce guerre secrète qui, sur le champ de bataille libanais, oppose, depuis deux ans, les services spéciaux du Hezbollah à ceux d'Israël - lequel garde, depuis cette première fuite médiatique, un silence de plomb sur toute l'histoire.

Premier d'une longue série (quelque 40 arrestations à ce jour), Ali al-Jarrah "tombe" en juillet 2008, avec son frère Youssef. Des "espions du Mossad", comme l'écrit la presse de Beyrouth, sans fournir d'ailleurs de preuves irréfutables. Selon la Cour militaire libanaise, Ali, discret quinquagénaire issu de la communauté musulmane sunnite, informait depuis 1983 Israël sur les bases militaires, les mouvements de troupes et l'activité des Palestiniens et du Hezbollah, dans la vallée de la Bekaa et le sud du Liban.

Par la suite, une trentaine d'autres "taupes", dont un ex-général de la Sûreté générale (les services spéciaux libanais) et un colonel d'active de l'armée libanaise, seront arrêtées.

La moitié des interpellés ont déjà été inculpés d'espionnage et de collaboration avec Israël, plusieurs ayant avoué leurs liens avec ce pays après que des instruments sophistiqués de renseignement (transmission, codage, etc.) eurent été saisis chez eux.


Une affaire d'espionnage de plus entre le Liban et Israël - après tout, ils sont encore formellement en guerre ?

Peut-être, mais pas seulement. D'abord, parce qu'en raison, justement, de l'état de guerre, les inculpés libanais sont passibles de la peine de mort, pour peu qu'on établisse que leur trahison présumée a provoqué la mort de compatriotes civils ou militaires.

Ensuite et surtout parce que les États-Unis pourraient se trouver indirectement impliqués dans le dossier.

Dépeint au Liban comme un maître espion, le plus stable et le plus professionnel de ceux arrêtés à ce jour, Ali al-Jarrah a en effet pour cousin un certain Ziad al-Jarrah... l'un des 19 auteurs présumés des attentats du 11 septembre 2001 ! Ziad, pensent les enquêteurs, serait le terroriste qui a pris les commandes du vol 93 d'United Airlines, avant de tenter de précipiter l'avion sur la Maison-Blanche.

Et voilà la question qui provoque le malaise : que savait le clan Al-Jarrah des préparatifs des attentats du 11-Septembre ? Et, partant de là, qui savait quoi ?

Certes, une vingtaine d'années séparent Ali et Ziad. Mais, quand on connaît les liens de confiance qui structurent et font fonctionner les clans libanais, l'interrogation n'est pas illégitime.

Aux États-Unis, en tout cas, elle commence à passionner la presse. Autant les propos paranoïaques qui ont fait florès sur les pseudovérités du 11-Septembre (complot de la CIA, etc.) ne suscitent chez les experts officiels, et d'abord à Washington, que mépris accablé, autant les possibles conséquences de ce cousinage sèment le trouble.

Un doute qui, si tout cela dépassait un jour le simple stade du soupçon, devrait gagner des politiciens trop souvent enclins, ces temps-ci, à imposer par la loi ou la force les vérités historiques de leur gré.

Car, si le doute devait perdurer sur le "9/11", un certain ministre de la Défense se mordrait les doigts d'avoir taxé d'« inacceptable » et d'« incompatible » avec l'enseignement militaire supérieur français l'expression d'une simple suspicion sur ces mêmes attentats du 11-Septembre.

Xavier RAUFER

Directeur des études du département de recherche sur les menaces criminelles contemporaines à l'université Paris II.

Source : VALEURS ACTUELLES

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lundi, 13 juillet 2009

Le secrétaire général de l'OTAN au défilé du 14 juillet

Pour la première fois, Jaap de Hoop Scheffer, secrétaire général de l'OTAN, est invité pour assister au défilé du 14 juillet qui consacre cette année la réintégration de la France dans le commandement intégré de l'Otan et par le retour de la France dans les opérations de guerre en Afghanistan.

 

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mercredi, 08 juillet 2009

« La France vit une épuration sourde de ceux qui ne vont pas dans le sens des intérêts américains et israéliens »

Éditeur de science politique et d'histoire depuis 1994 et professeur de géopolitique depuis 1999, Aymeric Chauprade est également consultant international pour de grands groupes français ou pour des États sur les contentieux géopolitiques.

Il a publié plusieurs ouvrages, notamment « Géopolitique, constantes et changements dans l'histoire » (Éd. Ellipses), devenu un manuel de référence, et plus récemment « Chronique du choc des civilisations » (février 2009, Éd. Dargaud), qui a provoqué son éviction brutale de sa chaire de géopolitique.


Hugues Wagner : On vous a accusé d'être un partisan de la théorie du complot alors que vous n'êtes pas réputé comme tel. Que s'est-il passé ?

Aymeric Chauprade : Tout est parti d'un article de Jean Guisnel dans l'hebdomadaire français Le Point du 5 février 2009, qui a demandé ma tête au ministre de la Défense parce que j'ai osé faire écho aux théories non conformistes sur le 11 septembre 2001. Mon dernier ouvrage commence en effet par un chapitre sur le 11-Septembre. J'ai voulu montrer que le choc des civilisations, c'est d'abord le fait qu'une immense partie de l'humanité, en dehors du monde occidental, ne croit pas à la version officielle de cet événement donnée par le gouvernement américain et qui est devenue la version obligatoire des médias occidentaux. Dans « Chronique du choc des civilisations » - qui est un atlas de géopolitique mondial et pas du tout un livre limité au 11 septembre -, je propose la synthèse, à ma connaissance la plus aboutie qui existe à ce jour, de ce qui pourrait être un scénario alternatif à la version officielle. Je ne prends pas parti. J'expose les arguments des tenants de cette théorie dite du complot et je ne conclus pas. Je reste prudent. Mais mon « crime » est d'avoir osé présenter de manière crédible et donc convaincante ces éléments de contestation de la version officielle.

Je suis un scientifique, j'ai une première formation de sciences mathématiques et physiques avant d'être passé à la science politique. Pour avoir creusé le sujet (surtout aux États-Unis) et pour avoir beaucoup parlé de cela avec des experts français du renseignement (qui eux ne parlent pas mais n'en pensent pas moins), je peux vous dire que j'ai des doutes plus qu'importants quant à la version officielle. En tout cas, je ne vois pas au nom de quoi il serait interdit de penser sur ce sujet. On aurait le droit d'imaginer des choses horribles sur les musulmans ou sur n'importe quelle civilisation, mais dès que cela touche aux Américains, et plus encore à Israël, c'est quasiment un crime contre l'humanité que d'imaginer que des cyniques aient pu concevoir un tel crime.


HW : Vous venez de faire suspendre, par le tribunal administratif, la décision du ministre. Pouvez-vous à nouveau donner des cours ?

AC : Après un premier référé, nous en avons fait un deuxième en montrant que la décision menaçait mon économie personnelle. Le juge des référés a jugé qu'une liberté fondamentale, celle des droits de la défense, avait été gravement bafouée. Je suis tombé sur un juge indépendant et juste, dans une France de plus en plus verrouillée médiatiquement et politiquement. Même quand tout est verrouillé, il faut toujours croire en la France. Conséquence : théoriquement je peux reprendre mes cours. Évidemment, dans la pratique c'est plus compliqué. Le ministère de la Défense va devoir dire clairement quelle faute j'ai pu commettre. En réalité, tout le monde sait que la vraie raison de mon éviction est que j'étais le dernier représentant, dans les institutions de défense, de la ligne gaulliste en politique étrangère. Je suis pour un monde multipolaire et non pour cette folle politique de « l'Occident contre les autres » que représentent ceux qui sont au pouvoir maintenant en France.


HW : Quelles ont été les réactions de vos élèves et collègues, notamment du Collège royal militaire supérieur du Maroc, où vous enseignez ?

AC : Je suis extrêmement touché par les très nombreuses manifestations de solidarité que j'ai eues. Pas seulement l'immense majorité des officiers français de l'École de guerre, mais aussi les étrangers. Les stagiaires africains étaient très en colère notamment, ceux des pays arabes aussi. J'ai reçu, plus discrètement des témoignages d'amitié venant de pays asiatiques. Mon éviction est interprétée, à juste titre, comme la manifestation évidente de la rupture de la France avec les fondamentaux de sa politique étrangère d'équilibre. J'attends de voir ce que va faire le Collège des forces armées Royales du Maroc. J'y enseigne depuis six ans et j'ai toujours donné satisfaction. On aimait à Rabat ma liberté d'expression. Je suis employé directement par les Marocains et non par la partie française. Normalement, le Maroc n'étant plus un protectorat, je m'attends à ce que rien ne change, malgré les pressions.


morin.jpgHW : Que pensez-vous de la réintégration par la France du commandement de l'Alliance atlantique (Otan) ?

AC : Elle est contraire à l'intérêt de la France et nous n'avons pas eu de véritable débat sur ce sujet à l'échelle nationale. Je suis frappé de constater à quel point les médias français sont verrouillés par les relais d'influence américain et israélien qui ont totalement neutralisé toute possibilité de débat. Depuis la sortie de ce commandement en 1966, il y avait un consensus de droite et de gauche. La « valeur ajoutée » de la France sur la scène internationale tenait en partie à cette position singulière, à cet héritage de la troisième voie, j'ose dire de non-alignement, car si la France est bien d'Occident, elle ne doit pas pour autant réduire sa politique mondiale à une politique occidentale. Sa vocation est de défendre l'équilibre multipolaire, pour que toutes les civilisations aient leur place dans l'Histoire.


HW : Une alliance est-elle dirigée contre un objectif, la Russie, la Chine, l'Iran, le terrorisme ?

AC : Les Américains ont remplacé la lutte contre le communisme par celle contre le terrorisme. Cette nouvelle idéologie vise à coaliser les anciens alliés de la guerre froide. Logiquement, il aurait dû y avoir une Europe puissante après la guerre froide. Or, qu'avons-nous aujourd'hui ? Une Europe certes économique, mais géopolitiquement parlant composante d'un bloc transatlantique dominé par les États-Unis. Le président Chirac a tenté de s'opposer à cela avec son acte courageux en 2003 avec l'affaire d'Irak. Je suis convaincu que ce qui se passe aujourd'hui est le retour de bâton de 2003. Les Américains se sont dits : « ces Français se sont opposés sur l'Irak ; c'est un raté, changeons les choses en France et ils ne s'opposeront pas demain sur l'Iran ».


HW : L'ancien premier ministre français Dominique de Villepin a déclaré que l'Otan était « totalement sous contrôle américain ». Est-ce votre avis ?

AC : Il a raison. Villepin a été l'honneur de la France à la tribune de l'Onu en 2003. Aujourd'hui, comme d'autres, il a raison de rappeler cette évidence : après la disparition du Pacte de Varsovie, l'Otan aurait dû disparaître. Elle n'a pas disparu parce que cela a été, dès 1990, une priorité des États-Unis de l'étendre et de la renforcer. L'organisation de l'Europe centrale et orientale va de pair avec l'élargissement de l'Union européenne. Et les Américains, voyant que l'Allemagne poussait pour reconstruire son espace d'influence à l'éclatement de la Yougoslavie, ont compris qu'il y avait là un potentiel de guerre susceptible de redonner une raison d'exister à l'Otan. Avec la Yougoslavie, l'Otan a glissé vers la guerre d'ingérence manichéo- humanitaire...


HW : Est-il vrai que vous défendez une théorie du choc des civilisations, notamment au travers d'une opposition entre l'Europe (Russie incluse) et l'islam ?

AC : Les civilisations sont un facteur important de l'Histoire mais je ne réduis pas l'Histoire au choc des civilisations. Les civilisations existent, on ne peut le nier. Et dans la longue durée, la problématique de la hiérarchie de puissance entre les civilisations est une réalité. L'Occident européen est devenu moteur de la mondialisation au XVIe siècle et a supplanté l'islam en le contournant grâce à l'ouverture des grandes routes maritimes qui ont permis d'atteindre l'Asie. Aujourd'hui, peut-être que l'Asie est en train de prendre la tête de la mondialisation et que ce qui nous menace est une guerre de l'Amérique n'acceptant pas son déclassement. Jacques Sapir soutient, très intelligemment, que si l'Amérique n'arrive plus à faire l'ordre américain elle fera le désordre... Je crois à ces réalités-là. Donc il n'y a pas que l'islam et les Européens ; ces rapports de force entre civilisations existent aussi entre Chinois et Indiens, entre Indiens hindouistes et musulmans, etc.

Je crois qu'Européens et Russes ont un destin commun à construire et qu'ils doivent bâtir un rapport équilibré avec le monde musulman. La France doit développer une politique arabe intelligente car équilibrée. Les Russes ont l'expérience de l'islam caucasien et centre-asiatique depuis le XVIIIe siècle alors que les Américains n'y comprennent rien.


HW : Certains prétendent que vous pourriez avoir été victime d'une « campagne d'épuration » menée par un cercle néoconservateur proche du pouvoir comme l'auraient été les journalistes Richard Labévière de RFI, ou Moktar Gaoud et Agnès Levallois de France 24...

AC : Ce n'est pas une supposition c'est un fait avéré. La France est en train de vivre une épuration douce et sourde (regardez mon cas : alors que j'ai gagné contre un ministre, aucun quotidien national n'en a fait état) de tous ceux dont la pensée va à l'encontre des intérêts d'Israël et des États- Unis. Cela peut paraître difficile à croire, mais c'est pourtant la vérité. Qu'il s'agisse de gens de gauche ou de la droite conservatrice, tous ceux qui « tombent » ont un point commun : leurs analyses ne vont pas dans le sens des intérêts américains et israéliens.

Source : SILVIA CATTORI

http://www.afrique-asie.fr/_medias/dossiers/evenement%204...

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lundi, 08 juin 2009

Aymeric Chauprade invité par France 3

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vendredi, 05 juin 2009

Copé salue la conception "américaine" des institutions de Sarkozy

"Nicolas Sarkozy a une conception très américaine des institutions". S'il risque de venir nourrir le procès en atlantisme attenté au président de la République par ses détracteurs, ce constat fait par le député de Seine-et-Marne Jean-François Copé réjouit le président du groupe parlementaire UMP à l'Assemblée nationale qu'il est aussi.

"Depuis l'arrivée à l'Élysée de Nicolas Sarkozy en 2007, la présidence de la République a considérablement renforcé son pouvoir de décision au détriment des ministres qui ont vu le leur s'affaisser (...). Mais, parallèlement à la mise en place de cette hyper-présidence, l'objectif a été aussi d'avoir une Assemblée nationale plus forte, comme c'est le cas aux-États-Unis avec le Congrès", a-t-il déclaré à FRANCE 24.

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mardi, 19 mai 2009

Actuellement en kiosque

nrh421.jpgLe dernier numéro de la NRH propose un article d'Aymeric Chauprade sur :

"De Gaulle, la France et l'OTAN".

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samedi, 16 mai 2009

De la vie difficile du supplétif...

Le Canard Enchaîné (13/05) révèle qu'Anglais et Américains ont entrepris toute une série de réunions secrètes pour évaluer les « enseignements à tirer de la guerre d'Afghanistan », à laquelle Paris n'a pas été convié malgré ses 2800 soldats engagés dans la région. Or, au moment où la France décidait de revenir dans le commandement intégré de l'OTAN, côté américain on laissait entendre que la place de la France au sein de cette organisation serait aussi importante que celle de l'Angleterre. Et cette propagande avait été fortement relayée par le gouvernement à Paris pour convaincre les réticents. Que nenni !

Pire encore, ces réunions devraient déterminer quelles seront les forces et les équipements à mettre en œuvre dans ce conflit « dans les dix années qui viennent (formule d'un interlocuteur britannique de l'état major français) ». Or, on nous avait présenté cet engagement comme devant être de durée relativement courte, juste le temps d'apprendre aux Afghans à gérer leurs propres affaires !

Ces réunions ont lieu alors que la présidence Obama opère un changement profond dans la stratégie de l'OTAN dans cette région. A la guerre conventionnelle menée jusqu'ici, qui mobilise soldats et armes lourdes, les conseillers militaires d'Obama préfèrent une guerre sale, secrète, menée par des troupes d'élites, beaucoup plus « mobiles » et capables d'être « projetées » rapidement dans les zones dominées par la guérilla. C'est la raison pour laquelle le Général américain McKierman qui dirigeait les forces en Afghanistan aurait été limogé récemment et remplacé par le Général Stanley McChrystal, ancien chef des « forces spéciales » américaines.

Même manque de collaboration avec le tout jeune membre du commandement intégré de l'OTAN, au Pakistan, où selon Le Canard, les Américains jouent en solo. Dennis Blair, le patron de tous les services de renseignement américains aurait décidé « de renforcer l'action des barbouzes US sur l'ensemble de cet immense pays. Et le Général David Petraeus, responsable des opérations au Proche Orient et en Asie centrale, a demandé aux états majors de l'Otan d'aider le Pakistan à livrer (...) une guerre de 'contre-insurrection efficace' ». Anglais et Américains auraient déjà formé 150 pakistanais pour agir dans la plus grande discrétion dans ce pays. Et des renforts devraient arriver des Etats-Unis pour contribuer à la formation des 60.000 troupes qui protègent les 2500 kms des frontières de l'Afghanistan.

Vieille leçon de l'histoire, toujours vraie : il n'est jamais bon de ramper devant les plus forts. On l'a vu en juin 1940, mais on a pu aussi le constater lors de la première guerre du Golfe où les dividendes ont échappé à la France malgré sa participation honteuse à ce conflit. Retrouvons vite notre indépendance !

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In memoriam : 2003-2009 Les hommes qui soutenaient la guerre sont aujourd'hui les hommes du président

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lundi, 27 avril 2009

Conférence sur la géopolitique du catholicisme

Chers internautes,

La conférence est maintenue. Le sujet sera traité. Aymeric Chauprade remercie les personnes qui comptaient venir écouter sa conférence de faire confiance à CIVITAS qui a trouvé une solution de remplacement de qualité.

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dimanche, 26 avril 2009

Annulation de conférence

Pour des raisons personnelles, Aymeric Chauprade est contraint d'annuler en urgence la conférence de mardi soir 28 avril sur la géopolitique du catholicisme. Il s'en excuse auprès de Civitas et de l'ensemble des personnes qui pourraient être gênées par cette annulation et les remercie par avance de leur compréhension.

 

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lundi, 20 avril 2009

Conférence d'Aymeric Chauprade

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dimanche, 19 avril 2009

Les réseaux d'influence transatlantiques : ONG, Think Tanks, OMC, FMI...

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mercredi, 15 avril 2009

Aymeric Chauprade, un libre penseur à l’Université de Neuchâtel

Vendredi après-midi, au Cardinal, à Neuchâtel, je prends le café avec le professeur Aymeric Chauprade, chargé de cours dans notre université où il enseigne l'histoire des idées politiques. Très décontracté, ce spécialiste de géopolitique, par ailleurs docteur en droit international et en science politique de la Sorbonne, parle avec le détachement et le calme d'un intellectuel maîtrisant parfaitement son domaine, loin de l'agitation des grandes querelles du siècle. Et pourtant, l'impression est trompeuse.

M. Chauprade se trouve en effet actuellement au cœur d'une vive polémique et d'un vaste conflit d'intérêts qui lui ont valu en France de perdre sa chaire de géopolitique au Collège interarmées de défense.

Son crime ? Avoir exposé, dans son dernier ouvrage "Chroniques du Choc des Civilisations" (Chroniques-Dargaud, 2008) [1], certaines hypothèses remettant en cause, à partir d'observations scientifiques, la version officielle des attentats du 11 Septembre. « Je n'ai pas tiré de conclusions et je n'ai pas pris position dans ce débat, se défend-il, je n'ai fait que m'interroger. Je suis un chercheur, pas un propagandiste. Or, la seule méthodologie scientifique sérieuse n'est-elle pas celle qui comprend la pratique active du doute ? »

Impossible, en effet, de le prendre en défaut sur ce point : à lire les quelques pages de son livre traitant de la question, il apparaît clairement que M. Chauprade se permet simplement de formuler, sans prendre parti, un certain nombre d'objections techniques et factuelles concernant ce qui nous a été dit sur les attentats de New-York.

Mais cela, c'était déjà trop. Un article du Point daté du 4 février l'accuse, sous la plume de Jean Guisnel, de "complaisance" coupable pour la "théorie du complot". Six heures à peine après la publication de l'article, le ministre français de la Défense Hervé Morin ordonne le licenciement immédiat de l'impertinent, au motif que ces quelques pages contiendraient "des relents inacceptables [...] sur un complot israélo-américain imaginaire visant à la conquête du monde [2]".

« Une fois le couperet tombé, m'explique Aymeric Chauprade, les médias ont été verrouillés et il n'a plus été question d'amener une contre-information, à l'exception d'Internet, un espace de liberté où je continue de m'exprimer et qui m'a valu un large soutien. Pour le reste, je suis persona non grata ; j'ai été déprogrammé à la dernière minute par plusieurs médias, dont France-Culture, alors que mes interventions étaient planifiées de longue date. Et le ministre a également pris soin de me retirer mes galons de commandant de la marine, annulant entre autres une mission à la Réunion à laquelle je devais prendre part ces jours. »

Aymeric Chauprade a beau parler plusieurs langues et parcourir le monde pour donner des conférences ou participer à des opérations militaires (il était officier de réserve de l'armée française jusqu'à son éviction), il reste Français de cœur et, malgré sa sympathie pour les peuples slaves et arabes, ne troquerait son identité gauloise pour rien au monde.

A l'écouter parler, on devine la sensibilité d'un souverainiste populaire et enraciné dans sa terre, un enracinement que sa passion pour la géopolitique n'a pu que confirmer. Il se réclame d'un courant réaliste de la géopolitique, un courant pour qui les accointances et les inimitiés idéologiques des nations comptent moins que leurs rapports de force et leurs stratégies - stratégies souvent fondées sur des alliances circonstancielles et des communautés d'intérêts. Le discours des valeurs (morale libérale, droit-de-l'hommisme, etc.) n'est selon lui qu'un masque pour justifier des rapprochements ou des ruptures motivées uniquement par la realpolitik.

Mais que se passe-t-il donc en France, pays des Lumières, pour que, de plus en plus souvent depuis quelques années, les intellectuels et les libres penseurs y soient ainsi censurés et matés par la force ?


Aymeric Chauprade sourit d'un air un peu désabusé et me présente la situation en quelques points :

« Cette polémique sur le 11 Septembre n'est que la partie émergée de l'iceberg ; on me fait également payer mon opposition à l'OTAN et au Livre Blanc de la Défense française, document qui préconise une réforme de notre armée dans le sens d'une armée supplétive aux forces américaines.

Le fait est que depuis l'arrivée au pouvoir de Sarkozy, la France est presque exclusivement dirigée par des gens qui, qu'ils viennent de la droite ou de la gauche, étaient favorables à un engagement des troupes françaises en Irak [3]. Regardez les ministres, regardez Bernard Kouchner, Hervé Morin, Rama Yade et tous les autres, ils rêvent tous d'en découdre !

Le virage atlantiste pris par la politique internationale de Sarkozy est comparable à une de ces "révolutions de couleur" telle qu'on a pu en voir en Ukraine ou ailleurs, c'est-à-dire une réorientation à l'ouest sous les pressions de l'étranger. On a mis au pouvoir des néo-conservateurs à la française qui n'attendent qu'une chose : que les Etats-Unis déclarent la guerre à l'Iran pour pouvoir y participer et payer leur tribut à l'empire. J'ai affirmé, dans un amphithéâtre rempli par quatre cent officiers, mon opposition à une guerre contre l'Iran et on ne me l'a pas pardonné. »


Mais pourquoi une guerre en Iran ?

« Ceux qui m'attaquent et veulent me faire taire tiennent à ce que la bombe nucléaire au Moyen-Orient reste une exclusivité israélienne, ils ne jurent que par cela. Après avoir placé des va-t-en-guerre à tous les postes-clés du gouvernement, ils s'emploient maintenant à épurer les autres institutions (médias, armée, etc.) de tous les éléments dérangeants, de tous les esprits critiques, afin d'être prêts à l'éventualité de cette guerre. Ma mise à l'écart doit se comprendre dans ce contexte. »


Que reste-t-il alors de la fameuse liberté française ?

« Les atlantistes ont assassiné l'idée gaullienne qui a fait notre grandeur et notre indépendance, déplore Aymeric Chauprade. Mais je me battrai toujours pour notre souveraineté. Je crois que nous n'avons rien à faire dans la collaboration d'un axe américano-israélien et que, tout en préservant notre autonomie, nous aurons au contraire tout intérêt à tourner nos regards vers l'Est... »


Tiens donc, Aymeric Chauprade serait-il russophile ?

« Disons que je m'intéresse beaucoup à ce qui se passe en Russie et que j'apprécie ce peuple pour qui la souveraineté nationale n'est pas un vain mot. »

 

La souveraineté nationale ?

« Il est évident aujourd'hui que l'Etat-nation se présente comme la moins mauvaise des structures politiques et que tous les progrès sociaux à venir ne pourront se faire que dans le cadre national. »


Voilà au moins, me dis-je, un discours que nous avons peu l'habitude d'entendre dans nos universités...

« Je prends mon licenciement avec sérénité, confesse-t-il. Je ne suis pas particulièrement carriériste ; ce qui compte le plus pour moi, c'est de pouvoir être libre pour écrire. L'ostracisme dont j'ai été victime aura au moins eu l'avantage de me donner un peu de temps et surtout plus de liberté.

Je ne compte pas en rester là, bien sûr, je peux compter sur certains socialistes et certains bayroutistes pour amener la question de mon cas devant l'Assemblée nationale. J'ai plusieurs casquettes, je suis également éditeur chez Ellipses où je m'occupe du département sciences politiques et histoire.

Et puis j'ai mes cours à Neuchâtel, où j'enseigne maintenant depuis six ans ; je m'y plais beaucoup et je crois être apprécié de mes étudiants. J'ai été engagé à l'époque par l'ancien doyen - mes engagements professionnels sont souvent le fruit de rencontres fortuites - et j'enseigne ici à raison de quatre heures toutes les deux semaines. La Suisse, conformément à sa tradition, reste une terre d'élection pour les intellectuels critiques. »


Pourvu que ça dure !


Article paru dans LE CAFIGNON, Journal des étudiant(e)s de l'Université de Neuchâtel

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[1] Voir : http://www.editions-chronique.com/thematiques/chronique_du_choc_des_civilisations/

[2] Le Point, 5 février 2009.

[3] NDA : On notera aussi - même si c'est un autre sujet - que les membres de l'équipe dirigeante française ont également comme point commun d'avoir été tous partisans de la ratification du Traité Constitutionnel Européen de 2005 ; lorsqu'on pense au rapport étroit qui unissent actuellement l'Union européenne et les intérêts américains, on conviendra que ce parallèle prend tout son sens.

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vendredi, 03 avril 2009

A. Chauprade à l'émission "Le Grand Débat"

De Munich à Kaboul, la paix à tout prix ?
27 novembre 2008

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mardi, 31 mars 2009

Communiqué d'A. Chauprade : "M. Taddei serait-il lui aussi aux ordres ?"

J'ai toujours pensé que les médias français étaient aux ordres du gouvernement et des lobbies, j'en ai maintenant la certitude en en faisant moi-même l'expérience.

taddei2.jpgDepuis le début de ce que l'on appelle maintenant dans des cercles initiés bien restreints  "l'affaire Chauprade", les déprogrammations et censures d'interviews n'ont cessé de se multiplier. De l'annulation de l'entretien prévu avec Claire Lesegrétain du journal La Croix jusqu'à celle de Thierry Garcin (Enjeux Internationaux, France Culture), en passant par les difficultés que Frédéric Pons a rencontré face à d'Orcival à Valeurs actuelles pour parler de mon affaire, tout a été fait pour passer sous silence mon éviction du Collège interarmées de défense par Hervé Morin. Une chape de plomb s'est abattue sur cette affaire, depuis le jour de son éclatement mais bien plus encore depuis le revers judiciaire infligé à M. Morin par le tribunal administratif le 23 mars dernier. Les témoignages directs ou indirects qui me sont venus de journalistes dans l'impossibilité d'en parler se sont multipliés.

Dernier exemple édifiant : la déprogrammation de ma participation à une émission de Frédéric Taddei jeudi 2 avril sur l'OTAN. Alors que son collaborateur Christophe Bourseiller avait choisi de m'inviter et m'avait fait retenir la date par le biais de l'attachée de presse des Éditions Chronique, j'ai appris hier lundi que M. Taddei, sortant de réunion de direction de sa chaîne, refusait de m'inviter. Pour que Taddei, réputé, sans doute à juste titre d'ailleurs, comme l'un des journalistes les plus libres du service public, déprogramme c'est que l'oukaze vient du plus haut niveau.

Hier 30 mars était une étrange journée : alors que l'émission de télévision française réputée la plus libre me déprogrammait, je recevais de Pékin l'entretien que j'avais donné vendredi dernier sur l'OTAN, publié dans le deuxième quotidien chinois...

Aymeric Chauprade

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Le retour de la France dans l'Otan : un entretien d'Aymeric Chauprade au 2è quotidien chinois

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vendredi, 27 mars 2009

Bordeaux : Aymeric Chauprade se défend contre le ministre Hervé Morin

ChaupradeLivre_PhotoBrunoMorel.jpgAymeric Chauprade défraye la chronique militaire et même judiciaire depuis quelques semaines. Il vient d'obtenir récemment gain de cause par une dernière décision de justice lundi, et a accepté l'invitation de la jeune association "Histoires et identités Bordelaises". Sans être pour autant Bordelais, mais d'obédiences politiques très proches. Interview au café " Le Bistrot des Négociants ".

 


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mercredi, 25 mars 2009

1ère sanction à l’encontre d’Hervé Morin

Hervé Morin, qui avait cru pouvoir écarter arbitrairement le professeur de géopolitique reconnu, Aymeric Chauprade, vient d'être désavoué par le Tribunal Administratif de Paris. En effet, après un premier refus, la juridiction administrative a décidé qu'en agissant comme il l'avait fait, Monsieur Morin avait porté atteinte à une liberté fondamentale. La sanction est donc suspendue.

justice..jpgCette décision a été accueillie avec une certaine jubilation dans l'Armée qui avait peu apprécié que leur ministre obéisse aux injonctions  d'un journaliste du Point. Au-delà de la Famille Militaire, comme notamment au Nouveau Centre, cette décision  conforte ceux qui doutent de la légitimité du ministre actuel.

M. Chauprade, qui n'entend pas se contenter de cette première victoire, a saisi la Cour de Justice de la République pour faire sanctionner les faits de discrimination dont il est victime. De fait, son seul crime est de refuser sa caution scientifique aux actuelles orientations dont Monsieur Morin est l'exécuteur zélé.


Antoine Beauquier

Avocat à la Cour d'Appel de Paris

Membre du Conseil de l'Ordre

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Conférence d'A. Chauprade : "Le retour des civilisations dans la géopolitique mondiale"

Samedi 28 mars
174 rue du Faubourg Saint Honoré, 75008 Paris
20h00

(M° : Saint-Philippe-du-Roule / Bus : 22, 43, 52, 83, 93)

Participation : 5€
Les conférences seront suivies d'une vente-dédicace autour d'un verre de l'amitié.


Agrandir le plan

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lundi, 23 mars 2009

Le Tribunal administratif de Paris impose un camouflet au ministre Hervé Morin

Le tribunal administratif de Paris, saisi dans le cadre d'un référé-liberté, a suspendu ce lundi après-midi la décision du ministre de la défense mettant fin à la collaboration d'Aymeric Chauprade avec les organismes de formation, en particulier le Collège interarmées de défense (CID). La justice demande au ministère d'organiser une procédure disciplinaire contradictoire. "C'est une belle victoire" se réjouit Aymeric Chauprade.

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Le 5 février dernier, cet enseignant de géopolitique a été congédié par le ministre de la Défense à la suite d'un article paru dans Le Point. Chauprade est l'auteur d'un livre "Chronique du choc des civilisations" dans lequel il présente avec complaisance les thèses qui attribuent les attentats du 11 septembre à un complot américano-israélien. Chauprade, qui se définit comme appartenant à la "droite conservatrice" enseignait au CID depuis 10 ans.

Un premier référé avait été rejeté au début du mois, au motif que la décision ne portait pas une "atteinte grave à son niveau de revenu". Ce jugement se basait sur les déclarations orales du ministre, mais Aymeric Chauprade a reçu, le 25 février, un courrier officiel du ministère de la Défense lui annonçant la suppression de toutes ses vacations. Chauprade n'enseignait pas qu'au CID, mais dans de nombreuses autres institutions de la défense : Cesa, Ensom, Gendarmerie, Marine, etc. Il estime que cela représente près des 2/3 de ses revenus.

Source : SECRET DÉFENSE

 

N'est-il pas curieux que Jean Guisnel, qui fut si prompt à publier la décision du premier référé (avant même que M. Chauprade et son avocat n'en aient eu connaissance), soit si "lent" aujourd'hui à  poster cette nouvelle décision...

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jeudi, 19 mars 2009

Un soutien de plus

Il est à 40 ans l'un de nos plus brillants analystes géo-stratégiques. C'est une des raisons pour lesquelles il était professeur à l'ex-École de guerre, dont il vient d'être éjecté sans le moindre ménagement. Après des saltimbanques inconscients, le docteur en science politique de la Sorbonne, directeur de la Revue Française de Géopolitique et secrétaire général de l'Académie internationale de géopolitique Aymeric Chauprade a eu le tort d'évoquer, en un ouvrage toutes les versions (officielles ou non) des attentats du 11 septembre 2001. Cette manifestation d'esprit critique, désormais interdite au pays de Voltaire, est une occasion pour vous conseiller, entre autre, la lecture de cette somme "Géoopolitique, constantes et changements dans l'histoire" qui vaut son prix - dans laquelle se déploie un esprit encyclopédique, rigoureux, curieux de tout et son contraire. Ce qu'on lui reproche. Grâce à quoi il nous fait vraiment connaître le monde dans lequel nous vivons et que certains lobbies voudraient, comme au temps de l'Inquisition, réduire à duel entre le Diable et le bon Dieu.

AB

Source : TRIBUNE BULLETIN Côte d'Azur n°474 du 27 février 2009

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Affaire Chauprade : Morin a-t-il été félicité par le CRIF ?

Le ministre de la Défense, Hervé Morin a reçu le 6 mars 2008 une délégation du CRIF conduite par le président Richard Prasquier.

 

morin crif.jpgCRIF.jpgLors de cette rencontre un large tour d'horizon des questions internationales et nationales a été fait : la menace nucléaire iranienne, l'avenir du Proche-Orient, les relations franco-israéliennes dans le domaine militaire, la France et l'OTAN, les Juifs de France, l'intégration au sein de l'armée française de jeunes issus de milieux défavorisés ainsi que l'affaire Aymeric Chauprade, ce géopoliticien professeur au Collège interarmées de Défense qui, dans un ouvrage récent a manifesté beaucoup de complaisance à l'égard de la thèse du complot « américano-sioniste » dans la tragédie du 11 septembre 2001 et qui a été congédié par le ministre.

Hervé Morin était accompagné du docteur Philippe Rouanet, chef de la cellule « Santé-Action humanitaire » au sein du cabinet du ministre.

Outre le président du CRIF, assistaient à cette rencontre Jean-Pierre Allali et Raoul Ghozlan, membres du Bureau Exécutif.

Source : CRIF.ORG

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lundi, 16 mars 2009

La France sur la même pente ?

Le diplomate américain, Charles Freeman, qui vient récemment de retirer sa candidature au poste de président du Conseil national du renseignement (CNR) a accusé ouvertement le lobby sioniste d'être derrière la campagne de diffamation qui l'a touché et qui l'a contraint de renoncer à cette nomination. En dépit du soutien avec force que lui a apporté le directeur du renseignement national (National Intelligence), l'Amiral Dennis Blair, et qui lui reconnaissait un "talent exceptionnel et l'expérience" requise pour ce poste élevé du renseignement américain, ainsi que l'éloge que lui ont apporté 17 ex-ambassadeurs qui le décrivent comme "un homme intègre, doté d'une grande intelligence", Charles Freeman a fini par se retirer pour, dit-il, "ne pas renoncer à sa liberté de parole".

Charles-Freeman-jr.jpgDans une lettre publiée sur le Wall Street Journal, Freeman qui est connu pour son "franc parler" et ses critiques sur la conduite de l'Administration Bush concernant la "guerre contre le terrorisme" ainsi que sur les politiques israéliennes dans les territoires occupés palestiniens, dénonce la virulente campagne de diffamation à son égard menée par "le lobby sioniste AIPAC et ses soutiens dans le camp des néo-conservateurs républicains notamment au Congrès".

"Je ne crois pas que le Conseil national du renseignement pourrait fonctionner efficacement tandis que son président serait sous attaque constante par des gens sans scrupule qui ont un attachement passionnel à des points de vue d'une faction politique d'un pays étranger", souligne l'ancien ambassadeur en Arabie Saoudite et en Chine, affirmant qu'il y a un lobby "puissant déterminé à empêcher qu'un autre point de vue que le sien soit émis, encore moins pour prendre en compte la compréhension américaine des courants et événements au Moyen-Orient".

Le diplomate indique que les tactiques du lobby d'Israël "touche le fond du déshonneur et de l'indécence" et "incluent la destruction d'une réputation, citation erronée sélective, déformation voulue du passé, fabrication de mensonges et un total mépris de la vérité". Le but de ce Lobby, poursuit-il, "est de contrôler le processus politique via l'exercice d'un veto sur la nomination de personnes qui remettent en question la sagesse de ses points de vue, la substitution du politiquement correct à l'analyse et l'exclusion de toutes les options de décision par les Américains et notre gouvernement exception faite de celles qui ont sa faveur".

Il considère en outre que "l'incapacité des Américains de discuter, ou du gouvernement d'envisager, toute option de politique US concernant le Moyen-Orient opposée à la faction qui dirige la politique israélienne a permis à cette faction d'adopter et de maintenir des politiques qui finalement menacent l'existence même de l'Etat d'Israël."

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vendredi, 13 mars 2009

Aymeric Chauprade à Bordeaux

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Chauprade : droit à l'intelligence, droit au doute, droit à l'engagement

Le renvoi brutal d'Aymeric Chauprade du Collège interarmées de défense est grave.

Contrairement à ce que feint de croire l'administration militaire, Aymeric Chauprade n'est pas un officier supérieur d'active, tenu à un strict devoir de réserve. C'est un universitaire, c'est un chercheur, c'est un citoyen. A ces titres, sa liberté d'opinion et d'expression est non seulement respectable, mais elle doit être protégée. D'autant que le général Desportes, patron du Collège interarmées de défense, l'a reconnu : Aymeric Chauprade ne faisait jamais part de ses convictions dans ses cours : il les laissait à la porte d'entrée de l'Ecole militaire (1).
La chasse aux sorcières dont il a été victime est donc clairement un déni du droit à l'intelligence, un déni du droit au doute, un déni du droit à l'engagement.

Déni du droit à l'intelligence

Aymeric Chauprade a commencé sa carrière de géopoliticien par une thèse de doctorat obtenue, ce qui est exceptionnel, avec les félicitations de l'unanimité du jury. Sa pensée est complexe mais claire. C'est justement ce qui lui est reproché. Contrairement aux atlantistes et aux néoconservateurs, il ne réduit pas sa vision du monde à la lutte de « l' axe du bien » contre « le terrorisme ».

Il dresse au contraire un panorama complet du « choc des civilisations » dans l'ouvrage qui lui a valu l'anathème d'Hervé Morin, ministre de la Défense. Dans Chronique (2), il décrit l' « Islam versus Occident », mais sans oublier l' « Amérique versus Europe » ni l' « Amérique et [l'] Islam versus orthodoxie ». Les chroniques de Chauprade rendent intelligible la complexité du monde, au risque de rappeler des évidences qui déplaisent : l'expansion territoriale d'Israël depuis le 11 septembre 2001, le retour de la Turquie aux sources islamiques, la disparition programmée des chrétiens au Moyen-Orient. Chauprade montre aussi l'usage stratégique du Kosovo pour les Etats-Unis, les dessous de la guerre russo-géorgienne et il s'interroge sur l'hispanisation des Etats-Unis (3).

En bon géopoliticien, il dévoile les intérêts des grandes puissances et montre que ceux de la France et des Etats-Unis sont loin de se confondre : « L'intérêt de leur civilisation - l'Europe et non l'Occident américain - devrait pousser les Européens à réfléchir face aux trois grands défis qu'ils affrontent : le réveil violent de l'Islam, l'utopie mondialiste américaine, la volonté de revanche de l'Asie. Dans cette grande compétition, la Russie et l'Amérique latine offrent des alliances naturelles. »

Mais, pour servir l'Empire, la République n'a pas besoin de géopoliticiens : c'est précisément pour cette raison qu'Aymeric Chauprade a été renvoyé de l'Ecole de guerre.


Déni du droit au doute

Il y a évidemment dans les analyses de Chauprade des propos éloignés de la politique atlantiste du gouvernement. Ce qui avait d'ailleurs conduit Chauprade à exprimer, comme officier de marine de réserve, des critiques sur le Livre blanc de la Défense qui préparait le retour de la France dans l'OTAN. C'est d'ailleurs pour cette raison que l'éviction d'Aymeric Chauprade de son poste de formateur des officiers était programmée, comme l'a reconnu Jean-Dominique Merchet, journaliste de Libération proche de l'état-major des armées.

Mais c'est Jean Guisnel, ancien fondateur du journal Libération devenu journaliste au Point, qui a fourni le prétexte à l'administration militaire : une lecture partiale d'un seul chapitre (sur 54 !) du dernier ouvrage de Chauprade, à savoir la présentation de la contestation de la version officielle des attentats du 11-Septembre. Contestation qui, selon Chauprade - qui ne la reprend pas à son compte - est l'opinion dominante d'une moitié de l'humanité. Accusé d'imprudence, Chauprade a fait front affirmant dans Le Choc du mois de février 2009 : « Je revendique le droit de douter. C'est là le fondement de la recherche scientifique. En histoire et en géographie, cela consiste à s'interroger sur la vérité de tel ou tel événement historique, de la confirmer, de la nuancer ou de l'infirmer si elle est inexacte dans sa formulation. C'est cela que l'on nous refuse. Car au-delà de mon cas, ce qui est remis en question, c'est le droit élémentaire de douter, de s'interroger. Je ne suis pas le seul. Beaucoup d'autres ont été frappés avant moi. Ce qui montre qu'il y a un resserrement des libertés dans notre pays. »

Allons plus loin.

Les thèses alternatives sur le 11 septembre 2001 sont hypothétiques et en partie contradictoires les unes avec les autres. Pour autant, la thèse officielle ne va pas sans soulever de multiples interrogations : au moins sur l'effondrement de la troisième tour (non touchée par les avions), sur les images du crash sur le Pentagone et sur l'absence de réaction de la sécurité aérienne. A moins d'admettre que c'est la chasse américaine qui a abattu l'avion qui s'est écrasé dans le Massachusetts (mais alors c'est contraire à la thèse officielle). Le doute est d'autant plus légitime qu'il a pu arriver par le passé au gouvernement des Etats-Unis de mentir : sur les prétendues armes de destruction massive en Irak ou sur le prétendu massacre serbe de Rajac au Kosovo, par exemple, massacre qui a servi à légitimer les bombardements de l'OTAN.
(http://www.polemia.com/article.php?id=1866)

Surtout, une thèse officielle, quelle qu'elle soit, ne peut épistémologiquement être considérée comme vraie que s'il est possible de librement la confronter à d'autres thèses ou hypothèses. Allons plus loin : absolutiser la thèse officielle sur les attentats du 11-Septembre serait en faire un événement de nature mythologique ou religieux et nier son historicité pourtant établie par l'effondrement des tours.

Il peut arriver d'ailleurs que certaines thèses « complotistes » soient admises : ainsi Moscou a été la cible en septembre/octobre 1999 de plusieurs attentats causant plus de 300 morts ; le gouvernement russe en a immédiatement accusé les terroristes tchéchènes et a amplifié la guerre qu'il conduisait en Tchétchénie ; en revanche, les principaux médias occidentaux ont imputé ces mêmes attentats à une manipulation du FSB, les services spéciaux russes (4). Vérité à l'Ouest, erreur à l'Est ?


Déni du droit à l'engagement

Chercheur brillant, Aymeric Chauprade n'a jamais fait mystère de ses convictions : il se définit comme « homme de droite, français de civilisation européenne, d'héritage gréco-romain et chrétien ». C'est encore sans doute le cas de beaucoup d'officiers : ceux qui ne partagent pas cet héritage et ces valeurs ne trouvant sans doute pas de raison de choisir un métier où il faut accepter le sacrifice possible de sa vie. La définition de Chauprade correspond par ailleurs assez bien à la définition que le général De Gaulle donnait du peuple français : « de race blanche, de culture gréco-latine et de religion chrétienne ». Reste qu'énoncer des évidences suffit aujourd'hui pour courir le risque d'être diabolisé ! Avec toujours la même méthode : la mobilisation de l'émotion au service du conformisme.


L'imprudence ou le silence ?

Certains sans doute regrettent la purge dont Chauprade a été victime. Peut-être estiment-ils qu'en ayant été plus « prudent », il pourrait continuer de délivrer son enseignement aux officiers supérieurs de l'armée française. Et c'est vrai : en acceptant le conformisme dominant, en mettant son intelligence en jachère et son courage au repos, Chauprade aurait sûrement pu conserver son poste à l'Ecole de guerre. Mais pour quoi faire ? Attendre tranquillement, l'âge venant, les décorations et les promotions en fonction de sa soumission ?

La voix de la prudence, c'est la voix du silence : se taire pour survivre ! La voix du courage, c'est celle du fracas, c'est celle qui permet à Aymeric Chauprade, à seulement quarante ans, d'avoir recréé une école de géopolitique française et de fournir le socle intellectuel d'un possible retour dans l'histoire de la civilisation européenne d'expression française.

Chauprade n'a rien à regretter. Il a devant lui des années de batailles judiciaires, et sans doute de traversée du désert. C'est la rançon de son courage moral : une vertu qui se perd dans les antichambres et les états-majors. Mais c'est cette même vertu qui le rend plus fort que ceux qui l'accablent aujourd'hui, ces persécuteurs que les bouleversements du monde qui s'annoncent fragilisent chaque jour davantage ! Patience, Chauprade : la revanche viendra !

Polémia
06/03/09


Notes :

1.    http://www.polemia.com/article.php?id=1859
2.    Chronique du choc des civilisations, Editions Chronique ; un livre lumineux qui a sa place dans la bibliothèque de tout honnête homme soucieux de comprendre la marche du monde et de la lire sur les cartes de géographie : (http://shop.upsylon.com/cgi-bin/librediff/12202.html)
3.    Polémia vient de publier, repris de la Nouvelle Revue d'Histoire de janvier/février, un article d'Aymeric Chauprade dans lequel il expose avec une remarquable clarté les guerres hégémoniques entre les puissances maritimes et continentales qui ont été et demeurent le moteur de la géopolitique mondiale : « Permanences géostratégiques » :
(http://www.polemia.com/article.php?id=1888)
4.    Vladimir Poutine est un ancien du FSB, organisme qui a pris la suite du KGB. Andropov, avant-dernier maître de l'URSS, était un ancien patron du KGB. De son côté, George W. Bush est le fils d'un ancien directeur de la CIA, George Bush, qui fut aussi président des Etats-Unis. Enfin, en Israël, Tzipi Livni, présidente du parti « centriste » Kadima et ministre des Affaires étrangères, est un ancien agent « opérationnel » du Mossad. Tout cela ne peut que conduire à examiner avec prudence les versions officielles, d'où qu'elles viennent, les services spéciaux partageant par delà les frontières des méthodes voisines.

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mercredi, 11 mars 2009

Hubert Védrine : Pourquoi il faut s'opposer à une France atlantiste

Le président Sarkozy veut que la France réintègre le commandement intégré de l'OTAN, trente-trois ans après que le général de Gaulle s'est résolu à en sortir. Il l'avait annoncé à l'été 2007. Il s'apprêterait à le confirmer début avril. On nous donne comme explication : en 1966, c'était la guerre froide, tout a changé. Mais cela n'a pas de rapport. Ou alors c'est l'existence même de l'OTAN qui devrait être remise en cause. 

arton1293.jpgDe Gaulle avait pris cette décision après huit années de demandes infructueuses auprès des Américains pour que les alliés européens puissent se faire entendre au sein de l'Alliance, et pour ne pas cautionner la nouvelle et dangereuse stratégie nucléaire de "riposte graduée". Par la suite, tous ses successeurs, de droite comme de gauche, ont respecté cette décision stratégique devenue la pierre de touche de la politique étrangère et de défense de la France. 

Cette position originale au sein de l'Alliance faisait l'objet d'un large consensus dans l'opinion française. Elle était depuis longtemps admise des Américains, d'autant qu'elle n'avait pas fait obstacle à l'adoption d'arrangements pratiques pour la coopération entre la France et l'OTAN et même à l'engagement de la France chaque fois qu'elle le décidait, comme on l'a vu sur divers théâtres. 

Alors pourquoi cette rupture ? On nous dit qu'elle va permettre à la fois de débloquer la défense européenne et d'"européaniser l'Alliance", et que nous aurons plus d'influence. Peut-on croire que la concrétisation de la défense européenne se soit ainsi seulement heurtée à la méfiance de nos partenaires européens envers les arrière-pensées de la France, et qu'il suffirait de les rassurer ? A aucun moment les Européens n'ont manifesté d'appétence pour une défense vraiment européenne. Ils ne veulent pas consacrer plus de crédits à la défense. Ils ne veulent pas faire double emploi avec l'OTAN.

Ils ne veulent pas assurer des responsabilités trop risquées. Ils se cantonnent, sous le label de "défense européenne", à des actions périphériques ou secondaires menées comme une sous-traitance. Soit un classique partage du fardeau. Ils ne veulent pas irriter le Pentagone (qui déjà, au moment du Kosovo, avait détesté l'obligation de consultations entre alliés). 

Si la méfiance antifrançaise avait été autre chose qu'un prétexte, elle aurait été dissipée après le sommet de Saint-Malo il y a plus de dix ans, et un état major autonome pour concevoir et mettre en oeuvre la PESD aurait déjà vu le jour... Gageons que notre changement n'y changera rien. Ces avancées de la défense européenne nous ont déjà été présentées en dix mois comme une condition préalable, puis comme une démarche parallèle et maintenant comme une conséquence espérée de notre réintégration. Demain comme un regret ? Ou comme un leurre ? La défense européenne avançant sur deux pieds - l'OTAN et l'UE - évoque le mythique dahu ! 

Mais on met également en avant l'européanisation de l'Alliance qui découlerait de l'obtention de postes importants pour des Français dans la hiérarchie de l'OTAN, comme Jacques Chirac l'avait tenté en 1995-1997 avant de constater son échec et que le gouvernement Jospin ne stoppe cette tentative. On parle pour la France de commandements de moyenne importance à Norfolk et à Lisbonne. Mais de toute façon est-ce que la nationalité des officiers qui reçoivent et transmettent les instructions du Pentagone a de l'importance, sans changement radical des modes de décision au sein de l'Alliance, ce que rien ne permet d'espérer, même aujourd'hui ? 

Ce n'est pas parce que cette réintégration, conçue sous Georges Bush, prendrait effet sous le charismatique Obama, que les réalités transatlantiques disparaîtraient. L'administration américaine actuelle est plus aimable, mais a-t-elle une autre conception de l'Alliance ? Rien ne l'indique. Quant à l'influence accrue, on n'aurait aucun mal à citer un exemple d'influence qu'aurait exercée de l'intérieur un allié dans l'Alliance du fait de sa complète intégration. Notons enfin que même les plus ardents défenseurs de ce revirement n'osent mettre en avant les éventuels avantages industriels pour notre pays compte tenu des rapports de force évidents. Les militaires eux-mêmes seraient partagés en ce qui concerne les avantages et les inconvénients de l'opération. 

L'européanisation, la création d'un pilier européen de l'Alliance, ce serait tout autre chose : la création d'un vrai "caucus européen" au sein de l'Alliance. C'est en son sein, avant de discuter avec les Américains, que nous devrions examiner s'il est raisonnable de continuer d'élargir l'Alliance (c'est un sujet très sérieux : l'engagement de l'article 5 est contraignant), comme de ne plus fixer aucune limite géographique à ses interventions. Est-il acceptable d'assister impuissants au développement d'une stratégie de bouclier peu cohérente ? 

Tout cela est dangereux et, jusqu'ici, nous n'avons eu aucun poids dans les décisions. Si les Européens obtenaient, du fait du retour de la France, de pouvoir parler dans l'Alliance, et décider en partenariat avec Washington de l'Afghanistan, de la Géorgie, de l'Ukraine, du bouclier, du désarmement stratégique, de la Russie etc., alors oui, cela serait une alliance nouvelle, à deux piliers. Les autorités françaises ont-elles une aussi grande ambition ? Croient-elles vraiment qu'elles auront plus de poids pour une telle révolution après s'être réintégrées ? Les avantages sont donc incertains et problématiques. Les inconvénients politiques sont évidents : envoyer au monde un signal de réalignement de la France, qui sera politiquement interprété comme tel, avec le déclassement et les risques qui en résulteront. On nous dit : c'est symbolique puisque nous sommes déjà presque entièrement intégrés ! 

Eh bien oui, c'est symbolique, symbolique d'une volonté de normalisation qui, une fois la décision mise en oeuvre, développerait par un effet d'engrenage tous ses effets. Il semble bien que la décision soit fondée sur des considérations idéologiques, atlantistes ou occidentalistes, comme on voudra : mettre fin à une "anomalie" au sein de la famille occidentale. On peut souhaiter autre chose pour la France. Il est encore temps d'en débattre.

Source : LE MONDE.FR

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vendredi, 06 mars 2009

Frédéric Pons : Pourquoi Morin a 'viré' Chauprade

Aymeric Chauprade, 40 ans, enseignant vacataire au Collège interarmées de défense (l'ancienne École de guerre), vient d'être interdit d'enseignement au sein du ministère de la Défense, après la publication d'un article du Point dénonçant ses idées développées dans son dernier ouvrage, Chronique du choc des civilisations, signalant aussi son appartenance à la "droite dure" (Philippe de Villiers !) ainsi qu'aux "milieux tradis" de l'Église.

pons.jpgHervé Morin a aussitôt sanctionné ce professeur de géopolitique, au motif qu'il aurait présenté de façon avantageuse la thèse "négationniste" et complotiste qui remet en question la réalité des attentats terroristes du 11 septembre 2001 et laisse croire à un « complot américano-israélien » pour le contrôle du monde. Morin parle de « relents inacceptables ».

La thèse paraît choquante mais elle est importante à connaître dans le cadre d'un cours de géopolitique car elle est devenue la "vérité vraie" pour 300 à 500 millions de personnes dans le monde, notamment dans les pays arabo-musulmans. Chauprade la présente sur 11 pages (sur 240), d'une façon qui peut être jugée maladroite : il ne prend aucune distance et semble même l'accréditer, au moins dans l'esprit : « Je m'interroge sur la version officielle que je refuse de prendre pour parole biblique. » Il plaide le doute légitime : « Je revendique ce droit de douter, fondement de la recherche. » Il ajoute : « Tout le monde connaît la version officielle, à l'instar d'un dogme ou d'une vérité révélée. »

Le ministère de la Défense l'a sanctionné sur ce plan : « Chauprade sait que son opinion est incompatible avec la position de l'État. Par ses fonctions au CID qu'il rappelle dans ses livres, il engage l'institution militaire, notamment vis-à-vis de nos amis américains. » Riposte de Chauprade : « On m'a sanctionné parce que j'ai osé mettre en doute la thèse officielle, américaine, et parce que je m'oppose à la transformation du monde à l'image de l'Amérique. J'ai été renvoyé en raison des convictions et des valeurs que je défends. »

Le CID (342 officiers stagiaires, dont 112 étrangers de 75 nationalités différentes) se serait bien passé de cette polémique nourrie par un clan de gauche amateur de fiches politiques, relayée par un journaliste du Point (ancien de Libération), animée par les fortes convictions de l'"accusé", attisée par des arrière-pensées corporatistes (Chauprade n'aurait aucun grade universitaire, seulement des diplômes) et quelques inimitiés personnelles. L'affaire étonne et inquiète les militaires et les civils attachés au pluralisme dans les armées : ils craignent un début de chasse au non-conformisme intellectuel et politique, notamment à propos du retour dans l'Otan.

En poste depuis 1999 (il était le plus ancien enseignant au CID), Chauprade n'avait jamais caché ses opinions, « homme de droite, Français, de civilisation européenne, d'héritage gréco-romain et chrétien », comme il se définit dans le Choc du mois de février. Nos fidèles lecteurs savent aussi que notre rubrique Parlons vrai lui a ouvert ses colonnes.

Malgré un enseignement rigoureux et sans prosélytisme, comme le reconnaît le CID, Chauprade ne s'était pas fait que des amis. Ses opinions et son caractère caustique agaçaient. Lors de la parution du livre blanc sur la défense, il avait aussi ouvertement critiqué les thèses du général Vincent Des­portes, alors responsable de la doctrine de l'armée de terre, devenu depuis directeur du CID, son patron direct...

Hervé Morin a limogé le "pestiféré" sans l'entendre, semblant céder au politiquement correct. Chauprade va donc se battre. Il porte plainte contre Morin pour "acte de discrimination", fort du code pénal qui punit de trois ans d'emprisonnement « le fait de sanctionner autrui pour ses idées ». La Défense cherche à calmer le jeu et assure que la diversité des opinions restera assurée au CID.

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jeudi, 05 mars 2009

Frédéric Pons rompt le silence

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Frédéric Pons rompt le silence sur l'affaire Chauprade.

A lire demain dans "Valeurs Actuelles" !

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Choc des civilisations : le slogan et la réalité

« Le conflit réveille des tensions et des violences très fortes. Si nous ne faisons rien, nous risquons d'avoir un choc des civilisations, des guerres de religion qui mèneront le monde au bord de la catastrophe, et l'Europe en particulier, parce qu'elle est sur la ligne de fracture des civilisations. » En pleine offensive israélienne contre la bande de Gaza, Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, s'inquiétait ainsi, dans un entretien au Monde (daté du 6 janvier), des répercussions possibles de cette attaque meurtrière jusqu'au sein des sociétés européennes. En effet, durant les trois semaines de l'opération « Plomb durci », les tensions, plus ou moins récurrentes depuis quelques années - notamment en France -, entre les communautés musulmane - immigrée ou d'origine immigrée - et juive se sont soudain exacerbées, l'une s'identifiant au peuple palestinien « agressé », l'autre au peuple israélien en état de « légitime défense » contre le « terrorisme ». Dans le même temps, du Marocau Pakistan, en passant par les pays du Proche-Orient, les foules musulmanes manifestaient une nouvelle fois leur colère contre l'Etat hébreu et la « complicité » de la « communauté internationale » - Etats-Unis et Union européenne en tête -à son égard.

couv553.pngRégulièrement évoquée depuis les attentats du 11 septembre 2001 à New York et à Washington, la menace d'un « choc des civilisations » offrait ainsi, aux yeux de maints observateurs, une nouvelle illustration quelques jours, seulement, après la disparition, le 24 décembre2008, à l'âge de quatre-vingt-un ans, de son principal théoricien, le politologue américain Samuel Philips Huntington, et juste avant l'installation à la Maison-Blanche de Barack Obama.

Dans la foulée, un des principaux représentants de la jeune école française de géopolitique, Aymeric Chauprade, directeur de cours au Collège interarmées de défense (CID), professeur à l'université de Neuchâtel et invité dans de nombreuses universités étrangères, publie aujourd'hui Chronique du choc des civilisations. Sous-titré « Actualité, analyses géopolitiques et cartes pour comprendre le monde après le 11-Septembre », richement illustré, cet ouvrage présente un décryptage à ce jour le plus complet, le plus clair et le plus précis des nouveaux enjeux planétaires. Resituant ceux-ci dans la longue durée historique, il justifie son titre grâce à une grille d'analyse originale qui permet de mieux appréhender un thème autour duquel est entretenue une certaine confusion.

C'est en 1993 que Samuel P. Huntington, professeur de sciences politiques à Harvard, où il dirige le John M. Olin Institute of Strategic Studies, devient célèbre en publiant, dans la revue Foreign Affairs, un article intitulé de façon interrogative : « The clash of civilizations ? ». Son écho est tel qu'il entreprend de développer son propos dans un livre, publié trois ans plus tard sous le titre : The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order. Le point d'interrogation a disparu. Les débats passionnés suscités par l'article sortent des cercles spécialisés. Best-seller mondial, l'ouvrage sera traduit en trente-neuf langues. Paru en France, en 1997, sous le titre le Choc des civilisations, il sera plusieurs fois réédité.

Que dit Huntington ? Que « la culture, les identités culturelles qui, à un niveau grossier, sont des identités de civilisation, déterminent les structures de cohésion, de désintégration et de conflits dans le monde d'après la guerre froide ».

Autrement dit que, depuis l'effondrement de l'Union soviétique, les rapports internationaux ne sont plus régis par des logiques strictement étatiques - ni même économiques ou idéologiques -, mais par des logiques civilisationnelles. « La rivalité entre grandes puissances, écrit-il, est remplacée par le choc des civilisations. Dans ce monde nouveau, les conflits les plus étendus, les plus importants et les plus dangereux n'auront pas lieu entre classes sociales, entre riches et pauvres, entre groupes définis selon des critères économiques, mais entre peuples appartenant à différentes entités culturelles. »

L'ouvrage de Huntington peut se lire à deux niveaux. Le premier concerne l'affirmation que le monde est constitué de civilisations différentes, que celles-ci ne sont pas destinées à disparaître et qu'il existe entre elles des lignes de fracture qui ont jalonné l'histoire de l'humanité avec plus ou moins d'intensité, et qui sont en train de se réveiller.

Ce faisant, Huntington n'a rien inventé. « L'histoire du monde est l'histoire des grandes civilisations », soulignait déjà Oswald Spengler dans son célèbre Déclin de l'Occident (1928). Max Weber, Emile Durkheim, Marcel Mauss, Arnold Toynbee, Immanuel Wallerstein, Fernand Braudel et bien d'autres ont consacré une grande partie de leur vie à l'étude comparée des civilisations et, parfois, aux conflits qui ont pu les opposer.

« Pour toute personne qui s'intéresse au monde contemporain et à plus forte raison qui veut agir sur le monde, remarquait déjà Braudel dans ses Ecrits sur l'histoire (1969), il est "payant" de savoir reconnaître sur une mappemonde quelles civilisations existent aujourd'hui, d'être capable de définir leurs frontières, leur centre et leur périphérie, leurs provinces et l'air qu'on y respire, les formes générales et particulières qui existent et qui s'associent en leur sein. Autrement, quelle catastrophique confusion de perspective pourrait s'ensuivre. »

Et le grand historien notait, à propos de la bataille de Lépante (1571) qui, à l'entrée du golfe de Corinthe, opposa la flotte chrétienne de la Sainte Ligue à l'armada ottomane d'Ali Pacha, qu'elle fut un « de ces chocs sourds, violents, répétés, que se portent les bêtes puissantes que sont les civilisations ». « Le choc des civilisations, écrit pour sa part Aymeric Chauprade, traverse les siècles, et même, pour certaines civilisations, les millénaires ; il s'apaise, puis reprend, et donne à l'histoire des chocs sourds et puissants, comme si des plaques tectoniques venaient à en découdre, causant d'immenses secousses dans l'humanité. »

Le premier exemple répertorié de ces « chocs » se situe en 1280 avant J.-C. : il s'agit de la bataille de Kadesh, qui opposa l'empire égyptien de Ramsès II aux Hittites. La liste des « chocs » qui ont suivi est longue. On peut énumérer, entre autres, l'affrontement, au début du Ve siècle avant J.-C., entre le monde grec (l'Europe) et le monde perse (l'Asie) lors des guerres médiques ; les guerres puniques entre Rome et Carthage, aux IIIe et IIe siècles avant notre ère, mettant aux prises une nouvelle fois l'Europe et l'Asie, mais encore indiquait Braudel, « un peuple essentiellement maritime et marchand [Carthage] et un peuple essentiellement terrien, guerrier et paysan [Rome] » ; la lutte millénaire entre l'islam et la chrétienté, ponctuée d'épisodes qui ont profondément laissé leur empreinte dans les mémoires collectives : Poitiers (732), les croisades (XIe-XIIIe siècles), les huit siècles de la Reconquista espagnole, la prise de Constantinople par les Ottomans (1453), Lépante (1571), déjà cité, le siège de Vienne par les Turcs (1683) ; la quasi-disparition des civilisations précolombiennes d'Amérique du Sud, consécutive à l'arrivée des conquistadors ibériques ; le quasi-génocide des Indiens d'Amérique du Nord lors de la conquête de l'Ouest ; la pénétration du christianisme en Chine et au Japon à partir de la fin du XVIe siècle, puis, au XIXe , le dépouillement de l'empire du Milieu par les puissances européennes.

En remettant ainsi au premier plan la réalité civilisationnelle, sa pluralité et sa conflictualité, Samuel P. Huntington allait à rebours d'un certain universalisme occidental qui considère l'humanité comme une abstraction dépouillée de ses appartenances profondes. D'où l'effet de scandale créé par son livre.

Celui-ci (et l'article qui l'a précédé) a été souvent considéré comme une réponse à un autre ouvrage retentissant, paru quatre ans avant le sien, la Fin de l'Histoire et le dernier homme (1992) -précédé, lui aussi, par un article (publié en 1989 dans la revue National Interest) - de son jeune collègue Francis Fukuyama, professeur d'économie et de sciences politiques à l'université Johns Hopkins de Washington.

Empruntant l'idée de « fin de l'Histoire » à Hegel, Fukuyama prophétisait que la chute du mur de Berlin ouvrirait la voie au triomphe universel du modèle démocratique occidental, de l'économie de marché et de l'idéologie des droits de l'homme, mettant ainsi un point final aux conflits du passé.

La guerre de Yougoslavie, les conflits dans le Caucase et l'Asie centrale post-soviétiques, le génocide rwandais - pour ne prendre que ces exemples - n'ont pas tardé à démentir Fukuyama et à donner du crédit à Huntington. Crédit que sembleront confirmer, ensuite, la dégradation continue de la situation au Proche-Orient, la montée du fondamentalisme islamique et les attentats spectaculaires du 11 septembre 2001. C'est là qu'intervient le second niveau de lecture de sa thèse, niveau non plus descriptif mais normatif.

Car Samuel P. Huntington n'était pas seulement professeur de sciences politiques. Longtemps appointé par la CIA, proche de Zbigniew Brezinski, le grand théoricien du roll back, du refoulement de la puissance russe vers l'intérieur de l'Eurasie, il occupa, sous l'administration Carter, un poste important au Conseil national de sécurité, avant de travailler comme conseiller au département d'Etat sous les administrations Reagan et Bush père. Par ailleurs, cofondateur de la revue Foreign Affairs - celle-là même où il publia son article en 1993 et émanation du Council for Foreign Relations -, il fut l'un de ceux qui pensèrent la politique extérieure américaine au cours des trente-cinq dernières années.

Le Choc des civilisations n'est pas une étude désintéressée à la manière de Braudel, mais une contribution (certes personnelle) à la redéfinition des objectifs stratégiques des Etats-Unis après l'effondrement de l'URSS. Tout comme l'avait été, en son temps, la Fin de l'Histoire, de Francis Fukuyama. Les deux ouvrages, en effet, correspondent à deux moments de l'après-guerre froide. Le premier de ces moments - très bref - est celui du « nouvel ordre mondial » lancé par George Bush père, celui de la « mondialisation heureuse » sous l'égide « bienveillante » de l'Amérique, annonciatrice de « la fin de l'Histoire ». Le second est dominé par les difficultés de plus en plus grandes rencontrées par Washington à faire triompher ce programme, à maîtriser l'évolution du monde ; ce moment est celui de la « guerre contre le terrorisme ».

Promoteurs, après le 11 septembre 2001, de cette « guerre contre le terrorisme », les néoconservateurs qui entourent alors George W. Bush vont puiser chez Huntington de quoi justifier leur rhétorique et leur action, faisant du « choc des civilisations » un slogan mobilisateur. Parfois au corps défendant de l'intéressé. En effet, celui-ci ne partage pas la politique impérialiste agressive de l'administration Bush. « Pour éviter une guerre majeure entre civilisations, souligne-t-il au contraire, il est nécessaire que les Etats-noyaux s'abstiennent d'intervenir dans des conflits survenant dans d'autres civilisations. » S'abritant derrière le renom médiatique de Huntington, les néoconservateurs sont, en réalité, plus directement inspirés par les travaux de l'islamologue britannique Bernard Lewis. C'est d'ailleurs lui le véritable inventeur de l'expression « choc des civilisations » : « La crise au Proche-Orient [...] ne surgit pas d'une querelle entre États, mais d'un choc des civilisations », lança-t-il en 1964. Désignant exclusivement, sous sa plume, l'opposition entre l'« Islam » et l'« Occident », elle s'identifie parfaitement à la logique binaire néoconservatrice. Et à celle de son double et rival mimétique, le djihadisme de Ben Laden. Installé aux Etats-Unis depuis 1974, proche de la droite israélienne, Bernard Lewis sera, notamment, l'inspirateur du plan américain de Grand Moyen-Orient.

Reste que le livre de Huntington prête le flanc à l'instrumentalisation. Ne serait-ce que par ses raccourcis et simplifications, notamment en posant les civilisations comme des ensembles homogènes et unitaires, ce qu'elles ne sont pas. Surtout, son découpage du monde en neuf civilisations constitue en lui-même une instrumentalisation de la réalité civilisationnelle au service des permanences géostratégiques des Etats-Unis. Ainsi lorsqu'il intègre, sous le nom d'« Occident », l'Europe occidentale et l'Amérique du Nord au sein d'une même communauté de destin transatlantique : ignorant délibérément que la seconde s'est construite en rupture avec la première, cette intégration répond, en revanche, parfaitement à l'impératif de Washington d'empêcher l'émergence d'une Europe puissance continentale qui associerait ses parties occidentale (catholique et protestante) et orientale (orthodoxe). Ou encore, lorsqu'il établit une distinction entre civilisation « japonaise » et civilisation « chinoise », c'est pour mieux légitimer l'alliance américano-nippone destinée à contenir la montée en puissance de la Chine.

La montée en puissance de la Chine : telle est précisément l'obsession de la géopolitique américaine depuis la fin de la guerre froide, ainsi que le montre Aymeric Chauprade dans son ouvrage. La stratégie globale déployée par les Etats-Unis depuis l'effondrement de l'URSS a consisté à contrôler la dépendance énergétique de l'empire du Milieu, à l'encercler par un nouveau réseau d'alliés, à soutenir les séparatismes en son sein (Xingiang, Tibet), à affaiblir la dissuasion nucléaire dans le monde par le développement du bouclier antimissile. La guerre en Afghanistan et en Irak, la volonté d'empêcher la sanctuarisation nucléaire de l'Iran s'inscrivent dans cette stratégie. Dans cette optique, la « guerre contre le terrorisme » islamiste ne serait, en réalité, que le paravent d'une guerre contre les puissances eurasiatiques, dont le 11-Septembre aura été l'accélérateur : la Chine comme cible, la Russie comme enjeu.

De l'orientation stratégique de la Russie dépend, en effet, la réussite de cette stratégie globale. Or, après avoir cru pouvoir faire « tomber » la Russie de son côté à la faveur du chaos post-soviétique des années Eltsine, Washington a dû déchanter depuis l'accession au pouvoir, en 2000, de Vladimir Poutine. Ayant entrepris de redresser la puissance russe en s'appuyant sur la civilisation orthodoxe et les richesses énergétiques du pays (pétrole et gaz), Poutine (et, depuis 2008, le tandem Medvedev-Poutine) est peut-être en train déjouer le rêve unipolaire américain au profit d'un monde multipolaire. S'étant rapprochée de la Chine, la Russie voit déjà des alliances se former autour d'elle, de l'Iran au Venezuela, en passant par le Nicaragua. Alliances de puissances, mais aussi, conclut Aymeric Chauprade, de civilisations qui « se dressent contre le mondialisme américain et le refusent car elles ont désormais les moyens de le refuser [...] ».

Christian BROSIO

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mercredi, 04 mars 2009

Communiqué de presse des Éditions Chronique

L'effondrement brutal des marchés financiers de 2008 n'est-il qu'une nouvelle crise du capitalisme, ou bien l'événement annonciateur d'un grand bouleversement dans l'ordre des civilisations ?

chocivilisations_couv.jpgAlors que les États-Unis tentent, depuis le 11 septembre 2001, d'accélérer leur projet de transformation du monde à l'image de la société démocratique et libérale rêvée par leurs pères fondateurs, les civilisations non occidentales se dressent sur leur chemin et affirment leur volonté de puissance. De l'ascension fulgurante de la Chine à la radicalisation islamique, en passant par le retour au premier rang de la Russie et la révolte des peuples latino-américains, ce livre raconte et explique le réveil fulgurant des civilisations. Il montre qu'en tentant de briser l'ascension vers la puissance de leurs rivaux, les Américains ne font qu'accélérer la formation d'un monde multipolaire et l'effondrement d'une mondialisation qu'ils contrôlaient depuis 1945. Quant aux Européens, trop souvent aveugles devant les grands enjeux qui sont apparus à l'échelle de la planète depuis le 11 septembre 2001, ils vont devoir prendre conscience que la paix dont ils jouissent n'est peut-être qu'un dangereux leurre...

Tous les grands événements géopolitiques depuis le 11 septembre 2001 sont ici décryptés, remis en perspective dans la «longue durée de l'Histoire», et illustrés par des cartes. Les nombreuses photographies montrent que les relations internationales sont aussi, au-delà des constantes et des ruptures géopolitiques, le fait des hommes. Au total, Chronique du choc des civilisations propose une explication du monde et de ses fractures accessible à un très large public. Professeur de géopolitique à l'École de Guerre depuis près de dix ans et professeur invité dans de nombreuses universités étrangères, Aymeric Chauprade a fortement contribué au retour de la géopolitique en France. ll a notamment publié un traité de référence dans le domaine (Géopolitique, constantes et changements dans l'Histoire, Ellipses, 3e éd. 2008) et dirige la Revue Française de Géopolitique.

Contact : Coralie JUGAN

coraliejugan@editions-chroniques.com

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